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SCRIBERE !

24 Mars 2012 , Rédigé par Blouk Publié dans #Vie quotidienne

On pourra me reprocher le manque de profondeur de mes écrits; ce phénomène vient de ce que je ne possède pas de règle étalonnée correctement et bien que perfectionniste, je préfère me livrer sans fard.

Ainsi je peux donner  sans prétention la recette qui me sert pour écrire:

D’abord Ecrire,

écrire comme on marche dans une ville,

écrire à brides rabattues,

écrire jusqu’à plus soif,

écrire jusqu’au délire.

L’inspiration... ? Foutaises !

L’inspiration n’existe que si on la force dans ses derniers retranchements.

Normal par contre de puiser quelque part, dans son vécu, ses propres références...  A condition d’en sortir très rapidement.

Donc avant tout autre chose, écrire sans chercher un sens, écrire complètement au hasard et voir au bout de trois ou quatre pages s’il y a quelque idée digne d’intérêt, un embryon, une étincelle, c’est cela le premier boulot.

Ensuite sélectionner le morceau choisi et le travailler; le pousser au bout de ses possibilités, le magnifier, le mettre “sens dessus dessous”, le fouiller jusqu’aux tréfonds. C’est ce qu’on peut appeler la première mouture ou le stade minéral, avec toutes les ratures, les flèches, les reports, les bouts nécessaires rajoutés au début, au milieu, à la fin...

Puis vient le “Cent fois sur le métier...”, le plus réjouissant, le travail sur le plan, sur la forme, les mots, expressions, enrichissements divers, images, verbes... style, tout ce qui fait que le texte se vêt d’une âme, devient  après avoir été larvaire, bribes non coordonnées.

Enfin le polissage, très long et très lent qui nécessite l’abandon du texte sur une plage déserte où il va se décanter.

Puis la dernière mouture qui n’est jamais vraiment la dernière sauf lorsqu’elle est imprimée, éditée voire,  et qu’on n’y peut plus toucher.

         Mais avant ce cinéma d’avant garde que l’on se joue comme un bon tour à soi-même, il y a le désir de lire autre chose que les sempiternels auteurs lus et relus, dont on connaît à l’avance tous les artifices, quand on en a assez de chercher toujours de nouvelles voies chez les autres, quand on désire que les autres vous étonnent, vous dépaysent et qu’ils n’arrivent plus à vous gruger, même avec votre bonne volonté qui leur est acquise.

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